26 septembre 2009
"Pulp" de Charles Bukowski
Voilà, je viens littéralement de dévorer "Pulp" du sieur Bukowski. Ce livre m'est apparu un peu par hasard au détour d'une allée de la médiathèque Jean-Jacques Rousseau. Bukowski ? Me concernant, seulement sa réputation de sulfureux me précédait, quelques vagues vidéos de Charles sur youtube dont le fameux "Apostrophes" avec Pivot où Bukowski est tellement imbibé qu'il est à 2/3 verres de s'écrouler ...Doit-on cependant retenir uniquement ce folklore autour du personnage ? Assurément, non, cependant, on ne peut dissocier l'œuvre de son écrivain tellement celui-ci a puisé des éléments autobiographiques dans le héros principal. Ma curiosité piqué au vif, j'ai donc passé ma semaine en sa compagnie...
"Pulp" avant d'être une histoire, c'est avant tout un personnage, "l'anti-héros" sublime par excellence auquel rien ne sourit, accro à la bouteille, à la limite de la misère et qui semble constamment se faire "entuber". Il s'agit du détective privé Bellane, "le meilleur privé de L.A" selon ses dires. ("Ne l'oubliez pas...")
Bellane va croiser une multitude de portraits les plus déjantés les uns les autres, du mari cocu à la "Marie-couche-toi-là" en passant par l'allumé poursuivi façon E.T. Un vrai instantané de quelques clichés crus de la société américaine croqué par la plume de Bukowski.
L'histoire est complétement "absurde" (dans le sens philosophique du terme). L'intrigue commence par la filature de Louis-Ferdinand Céline, référence dont l'ombre plane sur ce livre tellement on se sent proche de "Voyage au bout de la nuit" dans l'écriture sans fioriture et cette description froide de la société.
En écrivant ce livre, Bukowski se savait condamné par une leucémie, son point de vue et sa vision de la vie reflètent bien un état de d'acceptation de sa condition à travers le héros. LA fin du livre pourrait être autobiographique (posthume), à travers l'acceptation de la mort par le héros,on comprend que Bukowski nous a déjà fait ses adieux...troublant...
Quand on lit ce livre avec cette donnée, on comprend qu'on tient dans les mains un O.V.N.I qui déchaîne les passions et les règles de l'écriture. A lire absolument...
PS: R.I.P Charles...
25 septembre 2009
En attendant le Week-End....
19 septembre 2009
Cinéma : Autopsie d'un meurtre (Pascal Mérigeau)
Bon, j ai terminé en fin d'après-midi cet essai qui fait le point sur le cinéma actuel. Le bilan est vraiment consternant, même si cela ne reste qu'un essai qui ne présente que les pensées d'une personne, son analyse est vraiment stupéfiante. Il décortique tous les mécanismes du cinéma actuel avec les parties économiques et artistiques. Il est consternant de voir la mécanique qui est appliquée à "l'illusion d'industrie du cinéma". Pour l'auteur, le cinéma n'est plus une industrie mais un commerce, où les petites mains du film ont laissé la place à la palette graphique et autres retouches... Constat en France : 220 films sortent chaque année, 10% des ces films seulement font 90% des entrées, laissant des miettes aux autres et fermant la porte à des nouveaux réalisateurs à moyen/long terme, le cinéma français est en danger car l'aspect rentabilité du film empêche le jeune réalisateur de faire un 2eme film car il a été obligé de se contenter des quelques miettes laissés par les rouleaux compresseurs Astérix et autres franchouillardises qui accusent un budget de promo supérieur au coût de production (à quelques exceptions près). Le cinéma en voulant s'inviter chez nous s'est fait manger par la télévision : "En s'invitant chez le client, le cinéma s'est dénaturé : la télévision n'est pas devenue cinéma, home cinéma, le cinéma est devenue télévision". L'auteur continue son panorama du cinéma en étudiant le comportement des français face au box-office. Les usagers des cinémas entrent dans des sortes de clans, il faut faire partie du clan des gens qui ont vu le dernier film à la mode qui a fait beaucoup de chiffres), le sentiment est qu'il faut en avoir fait partie : "Et un film qui ne gagne pas est un film perdant, donc un film pour les perdants. Qui souhaiterait appartenir au clan des perdants ?". A la question "le film est nul ?". Soit, il faut faire partie du clan de "ceux qui ont été voir le film et ne l'ont pas aimé". A chaque problème sa solution. Les suites de film même de mauvaise qualité font toujours autant d'audience que le film original.
Les grandes compagnies et les télévisions travaillent à débiliser la perception qu'ont les gens de leurs centres d'intérêt, on vous fait croire que ceux en quoi on ne pense pas et tout simplement vide d'intérêt : "Le spectateur se trouve sans cesse conforté dans la certitude que tout ce qui n'est pas amusant est ennuyeux et que rien de ce qu'il ignore ou méconnait ne saurait présenter d'intérêt". L'essayiste s'active ensuite à comprendre les mécanismes qui ont emmené le cinéma a quitté la section art/industrie pour devenir un "fond de commerce". Le problème selon l'auteur viendrait de la motivation des producteurs qui ont évolué négativement, il se base sur plusieurs générations de producteurs : "Les producteurs d'avant hier produisaient ce qu'ils aimaient, ceux d'hier produisaient contre leurs propres goûts, ceux d'aujourd'hui ont décidé d'aimer ce qu'ils produisent. Là encore, l'enjeu s'est déplacé de la fabrication du produit à sa vente...". Le producteur tient donc un rôle prépondérant dans la l'élaboration du film, où est la place du réalisateur parfois ??? : "La personnalité du promoteur importe désormais davantage que la nature du projet".
Les industries du cinéma ont complètement annihilées l'idée d'art. Aujourd'hui, n'importe quelle chef d'œuvre reconnu par la critique ne vaut plus rien. "Ne vaut plus rien" possède un impact très fort sur les gens, en effet la valeur d'un objet étant souvent lié à sa qualité de nos jours, on s'étonne de voir notre culture bradée, au détriment de l'image positive dont le film rayonne, son prix dérisoire semble dans l'inconscient collectif le ranger dans la catégorie navet (en exagérant) chez le spectateur lambda : "1€ le classique du cinéma, c'est pas cher, c'est même tellement pas cher que c'est rien du tout".
Pascal Mérigeau étudie aussi l'impact des films sur les générations, il estime que les majors du film ont rendu les genres trop homogènes et le spectateur ne s'y retrouve plus, il n'est guère rare aujourd'hui de croiser un père et son film ayant la même passion pour un film. L'intérêt des grands films d'auteur semblent avoir disparu : "Hier, les enfants rêvaient de voir les mêmes films que les grands, aujourd'hui les adultes se flattent d'aimer les mêmes films que leurs enfants". Les parents semblent faillir à leur rôle d'éduquer leurs enfants au cinéma, de les éveiller à la conscience cinématographique.
Les goûts des spectateurs sont formatés afin que ceux-ci ne soient jamais bousculés, ils doivent rester dans ce qu'ils maîtrisent à défaut de le voir partir vers une quelconque stupidité qui nécessite seulement 2 neurones : " Il faut éviter de les dérouter, de les dépayser et donc de leur proposer des produits qu'ils connaissent déjà", c'est le cas notamment des séries qui sont adaptées au cinéma ou encore des BD utilisant des héros extrêmement connus.
Le livre se termine sur une "critique" sévère du "critique" car pour lui, celui-ci sous la pression à céder aux sirènes du consumérisme cinématographique, il a raté son rôle, occulté sa place de contre-pouvoir de l'ordre établi. La peur aussi de se voir être mis sous la touche par différenciation trop forte avec le goût du public (qui est le bon dieu) : "Pour un critique, discuter un spectacle que les gens ont aimé signifie s'en prendre, non au spectacle ni à son auteur mais aux spectateurs eux-mêmes." Aujourd'hui, le vrai critique prenant des risques s'oppose à une dictature de l'opinion, et cela, personne ne tente de le combattre.
L'auteur termine son dernier chapitre avec une expression pleine de sens et de cynisme, qui achève son essai sous forme d'un avertissement :
"A FORCE DE NE PAS DIRE QUE LES FILMS SONT MAUVAIS, ON FINIT PAR LES TROUVER BONS !"
PS: vous l'aurez compris, je ne peux que vous conseiller de lire cet essai même si personnellement, certaines de ses idées sont attaquables....A bon entendeur ^^
16 septembre 2009
Quelques grammes de finesse....
Wladyslaw Szpilman plays chopin.....
06 septembre 2009
Karajan, l'astronaute ?
Concernant Karajan, voici petite curiosité parmi laquelle il a été au centre...
"Une curiosité pendant la générale de Siegfried, en 1969, Karajan se
livra à un certain nombre d'expériences sur le stress que supporte un
chef d'orchestre pendant une représentation (son ami Keilberth était
mort au mois de juillet précedent en dirigeant "Tristan und Isolde" à
Munich).
Pendant la répétition, Karajan fut relié à des fils, tel un
astronaute dans une capsule d'essai, on fit des mesures durant le
passage qu'on appelle "Siegfried Idyll", à l'act
e III.
Peu de temps avant que Karajan fit le signal de départ, son rythme
cardiaque monta soudain de 67 pulsations par minute à 148, puis
retomba dès que l'orchestre eut commencé à jouer. Le pic de tension
suivant survint lorsque Brünnhilde approcha ce qui était (pour elle, et
donc pour Karajan) un contre-ut crucial. Curieusement, lorsqu'on
demanda à Karajan de s'allonger et d'écouter toute la séquence
enregistrée, les mesures furent pratiquement identiques, bien que la
séance fut terminée et la musique, en quelque sorte, "dans la boîte".
La preuve, conclut Karajan, que ces choses échappent presque
entièrement au contrôle de la volonté ou de la raison."
01 septembre 2009
Georges Muffat (1653 - 1704)
Lors d'un sortie en ville, j'ai fait un détour par la maison des associations de Chambéry afin de rencontrer des guides du patrimoine pour travailler cette année avec mes élèves, j 'ai découvert ce compositeur méconnu du public grâce à la "Société des amis de la Sainte-Chapelle" qui ont restauré l'orgue ducal de la Sainte Chapelle (qui a accueilli le Saint-Suaire avant qu'il aille à Turin) et ont remis à jour une partie du patrimoine musical de ce compositeur nait en Savoie grâce notamment à Joseph Ruscon (organiste de son état)
Muffat est un élève de Lully, il a vécu une grande partie de sa vie de voyage en partant de Savoie, il va aller en Allemagne, Autriche.
Il devient organiste à la cour du Prince Archevêque de Salzbourg, puis s'ensuit un voyage en Italie auprès de Pasquini, il contribuera à diffuser le style concerti grossi italien en Autriche. Il devient Kappelmeister au près du prince évêque de Passau en Bavière.
Il aurait eut apparemment une grande influence sur Bach et Haendel. Le travail de Muffat est considéré comme une des meilleures synthèses du style italien virtuose couplé au baroque allemand.
En tout cas, après écoute de plusieurs morceaux issus d'un enregistrement de Joseph Rusco, j'ai énormément apprécié cette légèreté du toucher. Je vous invite à découvrir ce compositeur même si on en parle très peu sur le net.
sa page wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Georg_Muffat
25 août 2009
Grande émotion
Je tenais à vous faire part d'une vidéo que des amis m'ont fait passer il y a quelques temps, je ne sais pas si je suis encore sous le coup de l'émotion suscité par mon mariage mais en tout cette vidéo m'a mis les larmes aux yeux....
je vous en laisse seuls juges
Pour ceux qui seraient interressés par les musiques diffusées pendant cette vidéo les voici (merci shazam ^^)
1) Cirque du Soleil's - Jeux d'Eau
http://www.youtube.com/watch?v=j80Pw-659Iw
2)Svyashchennaya Vojna -Hymne
http://www.youtube.com/watch?v=yy8mxh0P63M
3) Тёмная ночь / Tyomnaja Notch - MArk Bernes
http://www.youtube.com/watch?v=sDGLFLKa5o4
4) Auschwitz-Birkenau - BOF La liste des schindler
http://www.youtube.com/watch?v=6GOy6t6TGAg
5) J ai le titre mais pas la traduction en russe :s
6) Nothing else matters - Apocalyptica
http://www.youtube.com/watch?v=rbTozgoj9OQ
J'espere que vous apprécierez autant que moi le travail de cette artiste Ukrainienne Ksenia Simonova.
* à 1min 41, voici le texte traduit en anglais
"At 1:50. Radio Address by V.M. Molotov June 22, 1941
Citizens of the Soviet Union!
Today, 22 of June at 4 o'clock in the morning, without any claims to the Soviet Union without declaring war, German troops attacked our country, attacked our borders in many places, and subjected to bombing from their airplanes our cities..."
* The end writing says: You are always near
JE pense à vous ^^
01 avril 2009
Joshua Bell en concert gratuit et inaperçu....
Joshua Bell in metro
envoyé par PareDoseNet
Une ami m'a envoyé un mail ce matin avec cette vidéo et ce message
http://www.dailymotion.com/video/x8pfk7_stop-and-hear-the-music_school
"Il a commencé à jouer du violon un matin en janvier durant 45 minutes. A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque 1000 personnes ont traversé ce couloir (pour aller au travail). Après 3 min, un homme a remarqué qu’un musicien jouait. Une minute après, le violoniste a reçu 1$. Peu après, un passant s’est appuyé sur le mur d’en face pour l’écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Celui qui a marqué le plus d’attention fut un petit garçon qui devait avoir 3 ans. Sa mère l’a tiré, pressé mais l’enfant s’est arrêté pour regarder le violoniste. Finalement sa mère l’a secoué et agrippé brutalement afin que l’enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête tournée vers le musicien. Cette scène s’est répétée plusieurs fois avec d’autres enfants. Durant 45min de jeu du musicien, seules 7 personnes se sont vraiment arrêtées pour l’écouter un temps. Une 20ène environ lui a donné de l’argent tout en en continuant leur marche. Il a récolté 32 $. Personne ne l’a remarqué quand il a eu fini de jouer. Personne n’a applaudi. Sur plus de 1000 passants, seule 1 l’a reconnu. Ce violoniste est Joshua Bell. Il a joué les partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius valant 3,5 millions de dollars. Le jour même, sa prestation au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100 $/place. L’expérience a été organisée par le Washington Post pour une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d’action des gens. Dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ? Nous arrêtons-nous pour l’apprécier ? La conclusion de cette expérience pourrait être : si nous n’avons pas le temps pour nous arrêter et écouter un des meilleurs musiciens au monde, jouant pour nous gratuitement quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, avec un violon Stradivarius valant 3,5 millions de dollars, à côté de combien d’autres choses passons-nous ?"
30 mars 2009
La Bibliothèque Numérique Européenne
Cela fait quelques temps que je voulais faire un article sur ce sujet. En effet, la Bibliothèque Numérique Européenne a ouvert son site le 20 novembre 2008, et oui, ça fait déjà quelques temps que cela a débuté. Elle permet d'accéder à plus de 2 000 000 millions d'objets culturels numérisés, il suffit simplement de posséder un ordinateur et une connexion internet pour pouvoir consulter. Ce site bien sûr s'adresse à un maximum de communautés car la plate-forme est disponible en 21 langues.
La part de la France représentée dans cet investissement en nombre d'œuvres mises à disposition du public est d'environ 50%. Les recherches ne se limitent pas seulement à des contenus papiers, car on peut y accéder notamment à des œuvres musicales, picturales ou autres...
Une partie des fonds français provient notamment du fond numérisé sur le site de Gallica qui est disponible sur le Web depuis quelques années déjà... En espérant que vous y trouverez votre bonheur, moi c'est déjà tout trouvé ^^
Bonne consultation
http://www.europeana.eu/portal/
Exemple de consultation disponible sur le site:
Le portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde
http://www.europeana.eu/portal/full-doc.html?query=le+portrait+de+dorian+gray&tab=&start=1&startPage=1&uri=http://www.europeana.eu/resolve/record/03504/59EAFB83C1714CC2A949F5525A30F2164F9BEF63&view=table&pageId=bd

